Lecture #4 Toutes blessent, la dernière tue de Karine Giebel, un roman coup de coeur, un roman coup de poing

Je vous retrouve aujourd’hui pour vous parler du dernier livre de Karine Giebel « Toutes blessent, la dernière tue ». Je vous laisse découvrir mon avis sur ce roman coup de cœur, ce roman coup de poing qui m’a tant émue.

● Toutes blessent, la dernière tue 

Quand j’ai reçu ce livre, au vu de sa longueur, plus de sept cents pages tout de même, je me suis dit qu’il allait me falloir un moment avant de le terminer. Mais c’était sans compter sur l’immense talent de Karine Giebel. Cet énorme pavé, je l’aurais en fait lu en seulement quatre jours. On peut dire que je l’ai englouti.

Dans ce livre, Karine Giebel nous raconte l’histoire de Tama âgé de huit ans qui débarque du Maroc où elle a été achetée pour une bouchée de pain par Mejda une marocaine qui a promis à son père de la sortir de la misère dans laquelle elle se trouvait dans son pays, de lui offrir un foyer accueillant et de lui permettre d’aller à l’école. Mais Mejda réserve à sa jeune « protégée » une destinée toute autre. Elle fera de Tama une esclave enfant pour le compte de la famille Charandon, un couple qui la martyrisera et lui fera subir les pires abominations.

Parallèlement et alternativement à l’histoire de Tama, nous suivons Gabriel, un homme solitaire que les blessures ont rendu extrêmement dangereux. Un jour, Gabriel découvre sur le seuil de sa porte une jeune femme blessée qui brandit vers lui une arme à feu et qui s’effondre à ses pieds.

Je me suis évidemment demandé s’il y avait un lien entre les deux histoires. Certainement, évidement même mais lequel. Car si une idée a germé rapidement dans ma tête et sans aucun doute dans celle de beaucoup de lecteurs, je savais que l’auteur nous réservait assurément une surprise de taille.

L’esclavage moderne, l’on ne devrait même pas en parler, cela ne devrait même pas exister. Et pourtant si. D’ailleurs si l’esclavage a été aboli en France en 1848, il n’était pas incriminé dans notre Code Pénal, jusqu’à une loi très récente, datant de 2013, qui a introduit la réduction en esclavage, la servitude et le travail forcé. Evidemment l’esclavage moderne n’est pas pratiqué au vu et au su de tous, c’est un esclavage clandestin dissimulé donc difficilement punissable. C’est de cet esclavage dont nous parle ici Karine Giebel. A travers l’histoire de Tama dont le prénom n’est d’ailleurs pas celui-ci, son prénom a été changé par ses tortionnaires pour lui faire oublier son passé, la déraciner pour mieux assoir leur emprise, l’auteur nous montre à quel point certains êtres humains peuvent faire preuve d’une extrême cruauté au-delà de l’imaginable.

J’ai été happée par ce livre très noir, j’ai ressenti une grande empathie pour Tama évidemment mais aussi pour Gabriel ainsi que pour Izri qui tentera de « sauver » Tama des griffes de ses bourreaux sans vraiment y parvenir, lui-même ayant vécu dans un milieu violent dont il aura du mal à s’extirper.

L’écriture, comme c’est le cas dans tous les livres de Karine Giebel est incisive, nerveuse. A la fin de chaque chapitre l’on est saisi par une envie impérieuse de poursuivre sa lecture. L’on ne veut pas quitter Tama à qui l’on aimerait porter secours et pour laquelle l’on craint le pire. L’on ne veut pas non plus quitter Gabriel qui, bien qu’ayant commis des actions répréhensibles, demeure bien plus humain que bien des personnages qui jalonnent ce livre.

Il y a eu et il y aura toujours des individus qui feront souffrir les autres qu’il s’agisse de souffrances psychologiques ou bien physiques. Je referme ce livre en ayant une pensée émue pour toutes les Tama qui vivent réellement ce que la Tama imaginée par Karine Giebel endure que ce soit ici en France ou ailleurs dans le Monde.

VULNERANT OMNES, ULTIMA NECAT

Toute blessent, la dernière tue.

Je tiens à remercier Babelio et les éditions Belfond qui m’ont fait parvenir ce petit bijou que je vous conseille vivement de lire.

Toutes blessent, la dernière tue

 
 
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