Côté lecture #6 – Je t’aime de Barbara Abel

Aujourd’hui, je voulais vous parler du dernier livre d’un auteur belge que j’apprécie beaucoup Barbara Abel qui s’intitule « Je t’aime ». J’ai eu le plaisir de rencontrer l’auteur au Salon du Polar de Toulouse l’an dernier qui s’est montré accessible et s’est prêté à quelques questions avec beaucoup de gentillesse. Entre autres questions, je lui avais demandé si un nouveau livre était à l’ordre du jour et si oui, si elle pouvait m’en dévoiler davantage. Elle m’avait alors répondu, qu’il s’agirait encore une fois d’une histoire familiale, son thème de prédilection, et évidemment pas de celles qui ont une fin heureuse mais qui vous mène aux confins de la folie. Depuis, je n’avais qu’une hâte, que paraisse ledit roman pour que je puisse m’y plonger et me délecter de cette terrible histoire que Barbara Abel avait concocté à ses lecteurs.

Dans « Je t’aime », il est question d’une famille recomposée, une famille comme il en existe tant. D’un côté, il y a Maude et ses enfants Arthur, quinze ans et Suzie onze ans. De l’autre, il y a Simon et sa fille Alice qui au début de notre histoire n’a pas tout à fait dix-huit ans.

Un jour, Maude en entrant dans la chambre d’Alice, surprend la jeune fille en train de fumer du cannabis. Alice la supplie de ne rien révéler à son père. Face à l’insistance de sa belle-fille, Maude cède. Elle se dit que garder le secret pourrait peut-être améliorer la relation qu’elle entretient avec la la jeune fille qui, elle le sait, ne la porte guère dans son cœur. L’avenir va-t-il lui donner raison ? A-t-elle pris la bonne décision ?

Six mois se sont écoulés. Alice est maintenant majeure et son addiction, tue par Maude, va malheureusement provoquer un accident mortel. Les victimes sont au nombre de deux : Bruno, le petit-ami d’Alice et un enfant de sept ans, Thomas. Leur décès va provoquer un cataclysme dans la vie de plusieurs personnes dont Solange, la mère de Thomas et Nicole, la mère de Bruno. La descente en enfer ne fait que commencer.

Je vous l’avais bien dit, « Je t’aime » est une histoire somme toute assez banale, celle d’une famille recomposée, un secret, un accident. Mais les histoires les plus tristes, les plus sordides ne commencent-elles pas avec une histoire qui n’a rien d’exceptionnel. Le point fort de l’auteur est incontestablement sa finesse d’analyse, d’analyse psychologique plus précisément. Elle sait cerner les sentiments que peuvent éprouver les personnes qui se retrouvent dans telle ou telle situation, la façon dont ils sont susceptibles d’agir, les ressentiments que peuvent ressentir les gens et les conséquences que cela peut avoir sur leur comportement.

Ici, Abel dresse le portrait d’une famille recomposée avec les conséquences que peut parfois engendrer une telle situation. Comment le couple peut-il s’aimer alors que parfois les beaux-enfants estiment qu’ils n’ont aucune légitimité, qu’ils considèrent parfois à tort que le nouveau conjoint s’attribue une place qui ne lui revient pas. Comment les beaux-parents peuvent-ils asseoir leur autorité sans que cela ait une incidence délétère sur la relation qu’ils entretiennent avec les enfants de leur conjoint et par ricochet sur leur couple. L’amour que se porte le nouveau couple et les membres de la famille recomposée a-t-il des limites, l’absence de lien de sang est-il une limite infranchissable à cet amour lorsqu’une situation le met à mal.

Barbara Abel évoque aussi dans son livre la force de l’amour maternel, cet amour inconditionnel que porte une mère à ses enfants, la chair de sa chair, pour lesquels elle serait prête à soulever des montagnes et qui, si malheur venait à leur arriver, pourrait perdre toute raison.

Tant de questions que pose l’auteur à travers ce livre à la tension qui monte crescendo jusqu’à une fin des plus terrifiantes qui n’a rien d’un happy-end, si vous connaissez l’auteur, vous savez déjà qu’elle n’en est pas vraiment adepte.

Je t’aime

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